🔥 Musique de feu
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La Mémoire Et La Mer

Léo Ferré

Ton : EFrançais
EmLa marée je l'ai dans le coeur
Qui me remonte comme un signeD/E 
Je meurs de ma petite soeurEm 
De mon enfant et de mon cygne C9 
Un bateau çà dépend comment C 
On l'arrime au port de justesseD7/E 
Il pleure de mon firmament
BmDes années lumières et j'en laisseAm/B 
Je suis le fantôme JerseyAm 
Celui qui vient les soirs de frimG9e
Te lancer la brume en baisers G 
Et te ramasser dans ses rimesAm7 
Comme le trémail de Juillet Am6 
Où luisait le loup solitaireEm 
Celui que je voyais brillerEm7 
Em6Aux doigts du sableEm(aug) de la terreEm 
EmRappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur paroleD/E 
Et qui gueule dans le désertEm 
Des goémons de nécropoleC9 
Je suis sûr que la vie est làC 
Avec ses poumons de flanelle D7/E 
Quand il pleure de ces temps-là
BmLe froid tout gris qui nous appelleAm/B 
Je me souviens des soirs là-basAm 
Et des sprints gagnés sur l'écumeG9 
Cette bave des chevaux rasG 
Au ras des rocs qui se consumentAm7 
Ô l'ange des plaisirs perdusAm6 
Ô rumeur d'une autre habitudeEm 
Mes désirs dès lors ne sont plusEm7 
Em6Qu'un chagrin de mEm(aug)a solitude Em 
Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le matin mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfare les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen
Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux des granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Dans cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles
Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sur mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle

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