Les Vieux
Ton : CFrançais
En boucle
C G Am E (en 3 temps)
Couplet
CIl y avait Renée
GRenée qui perd la tête
AmMais qui n'oublie jamais
EQu'il n'y a personne pour la fête
Ma chère Renée
Toujours habillée de blanc
Mais d'un blanc élégant
Jusqu'à la pointe de ses gants
Couplet
Elle me répétait Renée
Autour de sa tasse à café Renée
Que les gens l'avaient oubliée
Que plus personne ne l'invitait
Alors, elle traînait toute la journée, son vieux corps usé
Jusqu'au soir, avec l'espoir de m'apercevoir
Et elle m'a dit :
« Tu sais mon petit, je suis pas ta mamie,
Mais retiens bien ça, avant que je ne sois plus là. »
Couplet
Pour Gérard lui c'est différent, il m'inspire des rimes
Et des vers mais je ne sais qu'en faire.
Il a l'âme d'un grand-père trop tôt abandonné par ses pairs.
Et quand il se noie jour et nuit dans son verre
Il boit il boit et roule ses galères.
Son cigare allumé fumant sur sa moustache fanée,
Un sourire en dent de scie sur un humour beauf décalé.
Et dans le marc de son Ricard on peut lire
Comme dans des cartes de tarot que sa vieille chemise à carreaux
N'a pas vu la douceur d'une femme
Depuis qu'elle a pris ce métro direction Saint-Malo.
Le laissant sur le quai avec le souvenir d'un adieu bâclé,
Et l'impression d'être abandonné à jamais.
Abandonné à jamais dans les murs de ce bar qui connait par cœur
Les histoires passées du vieux Gérard.
Gérard m'invitait souvent à m'asseoir avec lui,
Lui qui me répétait tard le soir, qu'il en était fatigué de l'ennui, de voir passer ces heures,
De se remémorer ses rancœurs et ses peines de cœur.
Et si je devais retenir qu'une seule chose de mon ami Gérard,
Qu'il aurait sûrement aimé vous dire s'il était là ce soir :
N'ayez pas peur d'aimer, de chialer, n'ayez pas peur de crier
Et de vivre pour vos libertés !
Couplet
Pour finir laisse-moi te parler de Marcel
Lui qui maintenant nous regarde là-haut du ciel
Un vieil homme attachant toujours là pour les gens
Une vieille canne en bois pour soulager ses émois
Il avait pour habitude de se trimbaler
Le journal à la main, du soir au matin
Autour d'une tasse à café allongé
Il lisait uniquement la page des décès
Couplet
Il riait aux éclats en regardant tout ça
Il disait, tu verras un jour, ce sera moi
Mais la vie est si belle alors j'reste un peu là
Pour vous regarder râler sur tout ce qui ne va pas
Ses réflexions d'avant-guerre et ses souvenirs précaires
Faisaient de ce vieillard, un peu l'oncle ou le père
De ces chanteurs de bars qui ne savent que boire
Pour trinquer à la vie en noyant leur désespoir
Couplet
Le jour tant espéré de devoir s'envoler
Un matin je compris l'ayant pas vu débouler
Qu'une page de ma vie s'en était aller
Moi et leurs commérages en unique héritage...